Ce tribunal international a été créé en 2005 suite à l'assassinat de Rafic Hariri, dans une gigantesque explosion à la voiture piégée le 14 février 2005. Plus d'une tonne d'explosif surprend le convoi de Rafic Hariri alors que celui ci longe le célèbre hôtel Saint-Georges, proche de la Marina. L'ancien premier ministre (5 mandats dont le dernier s'achève en octobre 2004) ainsi qu'une vingtaine de membres de son cortège sont emportés. L'explosion crée un cratère de 6 mètres de diamètre environ et les hôtels alentour sont littéralement soufflés (aujourd'hui encore, plus de 6 ans après, les vestiges sont encore visibles).
Cet attentat soulève l'indignation populaire contre la Syrie qui est ressentie comme le suspect immédiat de cet attentat. Aussi, devant l'immense pression internationale, la Syrie se retire du Liban en avril 2005, soit 2 mois après la mort de Rafic Hariri, après plus de 25 ans d'occupation.
Rapidement, l'ONU demande la mise en place d'une commission d'enquête pour faire la lumière sur les circonstances de l'attentat qui permettra d'identifier les commanditaires. Néanmoins, l'enquête subit de nombreuses péripéties et rebondissements : certaines preuves étant détruites, le lieu de l'explosion étant "nettoyé" avant toute analyse, témoins factices, assassinat d'autres témoins "qui savent", tractations multiples, etc.
Depuis 2 ou 3 mois, la pression s'accentue, car le procureur général du TSL, M. Bellemare, est prêt à finaliser l'acte d'accusation et à le transmettre au juge chargé des mises en état pour la suite de la procédure. Seulement voilà, des fuites de cet acte d'accusation apparaissent dans la presse internationale et mettent en cause le Hezbollah (le parti de Dieu) comme bras armé de l'opération.
Aujourd'hui, sur la scène politique libanaise, le Hezbollah est un parti qui compte. Lors des élections législatives, tout s'est joué entre la coalition du "8 mars" alliant le Hezbollah aux partisans du général Aoun, et la coalition du "14 mars" alliant le courant du futur (parti sunnite, avec comme chef de file, Saad Hariri, fils de Rafic Hariri) aux partis chrétiens et autres confessions religieuses.
Suite aux élections législatives de 2009, Saad Hariri est nommé à la tête du gouvernement et est chargé de constituer un "gouvernement d'union nationale" en distribuant les postes ministériels entre les partis et confessions religieuses.
Le Hezbollah et ses alliés se voient confier un portefeuille de ministères dans ce cadre.
Cependant, à l'approche de la date de finalisation de l'acte d'accusation du TSL et compte tenu des fuites sur une éventuelle inculpation du Hezbollah, les membres de ce parti présents aux gouvernement ont menacé de semer la discorde dans un gouvernement déjà peu opérationnel si le premier ministre Saad Hariri, ne remettait pas en cause le bien-fondé du TSL.
Saad Hariri a tenu sa position et celle de la coalition du "14 mars". Cependant l'étau s'est resserré, la pression s'est accentuée et le 12 janvier, alors même que Saad Hariri était en visite officielle en France et reçu à l'Elysée, 11 ministres de son gouvernement ont présenté leur démission entraînant ainsi la chute du gouvernement.
L'histoire se répète car en 2006, le Hezbollah avait procédé de la même façon en démissionnant du gouvernement et entraînant ainsi sa dissolution pour condamner la mise en place du TSL.
Blocage du pays et des institutions pour un jugement qui - malgré les recommandations de l'ONU et autres responsables internationaux - s'installe dans un débat politique et diplomatique plutôt que dans un débat de personnes et de responsables physiques.
Aujourd'hui, nous en sommes au même point car les premières consultations du président de la république au Liban Michel Sleimane, avec les différents partis et confessions religieuses ont été repoussées à la fin du mois de janvier. Ces consultations permettront-elles la nomination d'un premier ministre et la formation d'un nouveau gouvernement d'union nationale ?
La situation reste calme même si certaines personnes sont sur leurs gardes et dans la prudence. Hier matin, quelques barrages ont été signalés au sud de Beyrouth et quelques écoles ont dues être fermées faute de pouvoir accueillir leurs élèves. Mais pas de dérapages.
Position "wait and see", la vie continue avec le même rythme : commerces ouverts, aéroport fonctionnant normalement, business as usal ...
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